Introduction
Le terme biocide définit un produit destiné à détruire, repousser ou rendre inoffensif les organismes jugés nuisibles (bactéries, champignons, insectes, rongeurs, virus). A usage domestique, professionnel ou industriel, ils agissent de manière chimique ou biologique. La mise sur le marché est réglementée au niveau communautaire par le règlement européen (UE) n°528/20212.
1 - La réalisation d’une analyse d’eau complète est incontournable
L’eau des élevages provient de forages individuels, de puits de surface ou du réseau d’eau potable. De fait, la variabilité de la qualité de l’eau en fonction des situations implique donc une réflexion quant au choix du ou des éventuels traitements à mettre en place.
Une analyse complète dans chaque élevage pour connaître les caractéristiques bactériologiques et physico-chimiques de l’eau à son point d’entrée dans l’élevage reste donc indispensable. Un prélèvement bactériologique complémentaire en bout de ligne évaluera la propreté globale des canalisations.
2 - Installation de dispositifs secondaires
En fonction des différents caractères physico-chimiques, on pourra faire le choix du matériel :
- positionner des filtres pour limiter les matières organiques,
- traiter le fer (déferriseur) ou le manganèse (démanganiseur) si nécessaire.
- réduire la dureté de l’eau avec un adoucisseur
- les vannes de purge installées aux endroits opportuns (bout de ligne, bâtiments ou salles accueillant les stades physiologiques les plus fragiles) permettront de proposer une eau fraiche à la demande
- prévoir une cuve de réserve pour assurer un temps de contact entre eau et biocide
3 - Faire le choix d'un traitement adapté
Choisir son installation et son traitement en fonction des caractéristiques physico-chimiques de l’eau. Une synthèse des paramètres est retranscrite dans le tableau-1 (consultable ci-dessous).
Utilisation des Equipements de Protection Individuels (EPI).


4 - Contrôler la concentration du biocide dans le circuit
La quantité de désinfectant utile pourra être évaluée tous les 15 jours dans l’élevage ou lors de chaque changement de solution mère. Le tableau-1 reprend les valeurs cibles, que les tests rapides du commerce sont tout à fait à même de mesurer.
5 - Lutter contre l'accumulation du biofilm
Les débits lents dans les canalisations et une température de l’eau élevée dans les canalisations (effet saison, situation dans l’élevage : salles ou bâtiments chauffés) représentent des facteurs de risque quant au dépôt du biofilm. Le nettoyage et la désinfection réguliers des canalisations sera donc pertinent dans ces situations.
6 - Faire un contrôle régulier de l'eau
L’évaluation de la désinfection de l’eau nécessitera des analyses bactériologiques au moins annuelles selon les recommandations de l’ANSES. Néanmoins cette fréquence des analyses sera adaptée à :
- de l’origine de l’eau utilisée
- aux conditions climatiques et/ou environnementales
- l’apparition de maladies ou de cas d’intoxication dans l’élevage.
Une analyse physico-chimique sera réalisée tous les 3 ans ou lors d’un changement d’origine.
7 - Entretenir ses canalisations
- élimination des dépôts de nature minérale
- limiter les pertes de charges en évitant les coudes à 90° ou les réductions de section
- si utilisation d’un réservoir de stockage d’eau, limiter les volumes à 50 % des besoins quotidiens. Placer ce réservoir à l’abri de la lumière et des températures supérieures à 15°C. Facile d’accès ce réservoir doit être entretenu régulièrement.
L’important est d’avoir une méthode, une approche globale de ces questions de désinfection de l’eau.
Article rédigé par Stéphane Bastier, Vétérinaire porc Chêne Vert.
Diplômé de Liège, Stéphane a d'abord exercé en canine pendant 8 ans avant de travailler pour une coopérative porcine, pendant 8 ans également.
Il exerce aujourd'hui sur notre site Chêne Vert de Loudéac.