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Christian Engel

mardi 14 mai 2024

La Voie Lactée #3 : Lutter contre les maladies vectorielles

Temps de lecture : ~3 minutes

Lutter contre les maladies vectorielles

Les insectes (mouches, moucherons) et les acariens (poux, tiques) affectent le bien-être des bovins et peuvent réduire leurs performances zootechniques. Ils véhiculent également des agents pathogènes et peuvent ainsi leur transmettre des maladies parfois mortelles.

Dans un contexte de réchauffement climatique l’exposition à ces parasites est de plus en plus précoce et longue.

Leur contrôle est basé sur l’utilisation d’insecticides et sur des mesures de luttes au niveau de l’environnement. Si elles sont bien appliquées elles s’avèrent très efficaces et limitent fortement le risque de transmission des maladies.

Les mouches : baisse de performances et transmission de maladies

Les mouches induisent 2 effets néfastes :

-Elles peuvent occasionner une gêne importante (piqure douloureuse) et perturbent les performances zootechniques (GMQ et production de lait). Une étude a permis d’établir que l’inconfort occasionné pouvait induire jusqu’à 3 kg de perte de production de lait quotidienne.

-Elles peuvent transmettre toute sorte de maladies infectieuses comme par exemple la Besnoïtose et la Kérato-Conjonctivite Infectieuses.

La Besnoïtose est une maladie spécifique des bovins, émergente en France et en Europe. Elle est due à un protozoaire parasite (Besnoitia besnoiti) qui se transmet de bovin infecté à bovin sain via des insectes piqueurs qui se nourrissent de sang comme les taons ou les stomoxes. L’infestation peut aller jusqu’à entrainer un amaigrissement sévère et la mort de l’animal.

La Kérato-Conjonctivite Bovine est une maladie oculaire courante et très contagieuse qui peut entraîner la perte de la vue dans les cas les plus sévères. Elle est principalement causée par la bactérie Moraxella bovis qui est véhiculée et déposée sur les yeux des bovins par les mouches. Il est donc fréquent d’observer des épidémies de Kérato-Conjonctivite Infectieuse sur les périodes où les mouches sont massivement présentes.

Les animaux atteints doivent recevoir un traitement médical le plus rapidement possible afin de limiter la transmission de la maladie aux autres animaux et de minimiser l’apparition des lésions au niveau de l’œil.

Un traitement larvicide dans l’environnement (fosses, fumières, murs, etc…) dès février-mars est primordiale pour limiter au maximum le niveau d’infestation.

photo vache mouches
Les culicoïdes : vecteurs de virus

Ces petits moucherons de 1 à 4 mm de long sont vecteurs de virus chez les bovins : le virus de la Fièvre Catarrhale Ovine et le virus de Schmallenberg et, plus récemment le virus de la MHE (Maladie Hémorragique Epizootique).

La F.C.O. et la MHE sont des maladies dont les symptômes sont similaires (fièvre, anorexie, ulcérations du mufle, jetage, détresse respiratoire, boiteries). Elles sont réglementées par l’Etat et l’exportation de bovins est soumise à une réglementation stricte : vaccination et/ou désinsectisation, et/ou dépistage virologique des bovins avant leur départ.

La maladie de Schmallenberg quant à elle, peut se manifester par de la fièvre, une chute de production et/ou des malformations à la naissance.

La tique : un acarien qui transmet beaucoup de maladies

En France métropolitaine il existe 40 espèces de tiques recensées, mais la plus répandue chez les bovins est Ixodes ricinus. Son cycle de vie comporte une phase parasitaire sur le bovin, de quelques jours, durant laquelle la tique se nourrit de sang (hématophage) et peut transmettre des maladies, et une phase dans l’environnement, sur le sol le plus souvent, qui durent de plusieurs semaines à plusieurs mois.

Les maladies pouvant être transmises aux bovins par les tiques sont :

- la piroplasmose caractérisée par des « pissements de sang » qui peuvent devenir mortels,

- l'ehrlichiose ou « fièvre des pâtures » qui entraîne une baisse de production parfois conséquente,

- la fièvre Q provoquant des troubles de la reproduction et des avortements en étant en plus transmissible à l'Homme,

- l'anaplasmose qui peut aussi être transmise par les taons ou stomoxes et se caractérise par de la fièvre, de l'anémie, une baisse de production et des retards de croissance,

- et enfin la maladie de Lyme (ou borréliose de Lyme) dont le diagnostic est encore compliqué à établir mais qui se manifesterait pour les symptômes les plus prononcés par de l'arthrite douloureuse et handicapante (boiteries, paralysies).

Les mesures de lutte préventives sont à privilégier

L’ensemble de ces vecteurs, insectes comme acariens, bénéficient du changement climatique pour accélérer leur cycle de reproduction. Ils représentent à la fois un danger pour nos animaux domestiques, mais aussi dans certains cas, pour l’Homme.

Il est donc important d’adopter des mesures de lutte efficaces dans l’environnement au niveau de la population de parasites (mouches, moucherons, tiques) et sur les bovins.

population de parasites (mouches, moucherons, tiques) et sur les bovins.

    

article 3 bovins

Pour plus de précisions sur les traitements à mettre en place, contactez votre vétérinaire Chêne Vert.

Cet article est rédigé par Christian Engel, DMV Chêne Vert.

christian engel

Christian Engel est diplômé d'Oniris depuis 1997.
Il a rejoint Chêne Vert en 2018 et exerce depuis en consulting vache laitière sur le site de Lécousse.