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Amel Taktak

jeudi 2 juillet 2026

Pass Porc n°37 : Les « courants vagabonds » en production porcine

Temps de lecture : ~4 minutes 

Introduction

La présence de courants vagabonds au niveau des zones de vie des porcs peut avoir un impact négatif sur leur comportement et sur leur santé (Boulbria ESPHM 2018 et 2023). Il est possible de mesurer ces perturbations et de proposer des axes d’amélioration qui pourront limiter leur impact négatif sur les animaux.

Au sein du groupe Chêne Vert, nous proposons une prestation d’audit « courants vagabonds ». Cette prestation permet de faire le point sur la présence de « courants vagabonds » au niveau des éléments en contact avec les animaux et de proposer des pistes d’amélioration. Les résultats présentés dans cet article proviennent de ces diagnostics.

1 - Origines possibles des « courants vagabonds »

Plusieurs origines peuvent être identifiées (la liste d’exemples ci-dessous n’est pas exhaustive).

Au niveau du circuit d’eau :

  • Les pompes (exemple pompe doseuse) ou moteurs qui sont en amont et qui sont en contact ou proches des canalisations d’eau. 
  • La présence de câbles électriques, des systèmes d’éclairage ou de chauffage à moins de 20 cm des canalisations d’eau.
  • Pas de mise à la terre du circuit d’eau.
     

Au niveau des tubulaires :

  • « Contamination » via le circuit d’eau, les câbles électriques trop proches, le système de chauffage installé trop près.
     

Système d’alimentation :

  • Alimentation en soupe, origines souvent semblables à celles du circuit d’eau ; pas de mise à la terre du circuit de soupe.
  • Au niveau des nourrisseurs, les origines peuvent être différentes, une mise à la terre non efficace de la chaine d’alimentation peut être source de perturbations.

2 - Origines des audits

  • 66 % des audits ont été réalisés à la demande du vétérinaire pour différentes problématiques (figure 1) de santé et/ou de trouble du comportement.
  • 13 % des audits sont des audits de contrôle qui font suite au premier audit.
  • Les 21 % d’audits restants ont été réalisés sans motif particulier, à la demande de l’éleveur.

PP 37 figure 1Figure 1 : Les différentes problématiques qui peuvent déclencher un audit de « courants vagabonds ».

3 - Le matériel et la méthode utilisés

L’étude présentée a été réalisée à la suite de 114 audits menés dans 83 élevages français.

Les différents types de bâtiments ont été audités (maternité, gestante, verraterie, post-sevrage, engraissement) entre mars 2017 et novembre 2024.

35 % des audits ont été réalisés en post-sevrage et 31 % en maternité (figure 2).

PP 37 figure 2
Figure 2 : Pourcentages d’audits réalisés en fonction du stade.

Les mesures réalisées pendant chaque audit sont :

  • La mesure de la résistance de la terre avec la méthode « par impédance de boucle ». L’appareil utilisé est un contrôleur de terre et de continuité CATU DT-300, la valeur seuil est de 20 Ω.
  • La tension est mesurée en premier lieu en courant alternatif avec une valeur seuil de 40 mV. La mesure est réalisée avec un multimètre MTX-3291.
  • La valeur de la fréquence doit être de 0 Hz (mesurée avec le multimètre MTX-3291).

Pendant l’audit, les lieux classiquement contrôlés sont les circuits et systèmes d’abreuvement et d’alimentation, ainsi que les tubulaires.

Selon les cas d’autres éléments peuvent être contrôlés.

4 - Les résultats obtenus à la suite des audits

  • Concernant les contrôles de la résistance de la terre du bâtiment, dans 45 % des cas audités le résultat n’était pas conforme (55 % de résultats conformes).
    Sur les 3 élevages qui ont été contrôlés lors d’un second audit, la conformité a été rétablie suite à la mise en application de nos conseils.
     
  • Mesure des tensions : il a été mis en évidence que les non-conformités étaient plus importantes au niveau des logements des truies (maternité, verraterie, gestante) par rapport aux salles de post-sevrage et d’engraissement (figure 3).

PP 37 figure 3Figure 3 : Proportion de valeurs de tensions non conformes selon le stade (les différentes couleurs indiquent les différences significatives ; p value <0,05 ; n=le nombre de mesures).

  • Concernant les bâtiments où sont logées les truies il a été mis en évidence que les systèmes d’abreuvements présentaient davantage de non-conformités que les tubulaires (cases) et que les systèmes d’alimentation (figure 4).

PP 37 figure 4
Figure 4 : Pourcentages de non-conformités de tension en fonction du lieu de mesure (les différentes couleurs indiquent les différences significatives ; p value <0,05 ; n=le nombre de mesures).

Conclusion

Les résultats de cette analyse nous montrent l’importance de réaliser des contrôles afin de pouvoir intervenir et limiter au maximum la présence de « courants vagabonds » au niveau des éléments avec lesquels les animaux peuvent entrer en contact.

 

Article rédigé par Amel Taktak, Ingénieure Bâtiment et Bien être Filière Porcine

Ameltaktak

Amel a rejoint Chêne Vert en juin 2013 et s’est spécialisée dans les audits bâtiment depuis 2017 (audits ventilation, aménagement de bâtiment, courants parasites...).